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Histoire
L’expression gestuelle existe depuis la nuit des temps, cependant la reconnaissance des langues des signes et des méthodes d’enseignement n’ont fait leur chemin que depuis peu, en regard de l’histoire des langues de l’humanité. Quelques points d’histoire :
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Histoire sourde

L’Abbé de l’Épée (1712-1789)
Il est un personnage majeur de l’histoire des Sourds, il s'est battu et a réussi à imposer à l'opinion le fait que les sourds sont des personnes comme les autres. Il a initié la recherche sur un langage de signes méthodique utilisable par les personnes sourdes, afin de lier ces signes au français écrit, mais son erreur fut de vouloir assimiler la structure syntaxique du français à celle de la gestuelle des sourds. L’échec de l'enseignement du langage de signes méthodique de l'abbé de l’Épée montre qu’il est vain de vouloir enseigner aux sourds sans tenir compte de leur identité culturelle. En revanche, c’est le regroupement des élèves sourds dans son institution et le besoin de communiquer entre eux qui favorisa et perfectionna la langue des signes française (LSF), la langue naturelle des sourds. Aujourd’hui encore l’Institut National des Jeunes Sourds (INJS) de Paris accueille des classes d’enfants sourds.

Laurent Clerc (1785-1869)
Professeur à l'INJS de Paris, il a co-fondé, avec Thomas Hopkins Gallaudet, la première école pour sourds en Amérique du Nord, l'institut Hartford pour l'éducation et l'instruction du sourd et muet le 15 avril 1817 à Hartford, dans le Connecticut. Appelée aujourd'hui Gallaudet University, elle est la seule université au monde dans laquelle tous les programmes sont conçus pour les jeunes sourds, en langue des signes américaine et anglais.

Eduard HUET (1822-1882)
Eduard Huet est le fondateur de l’établissement d’éducation publique pour les enfants sourds au Brésil. Professeur de ce qui s’appelait à l’époque l’«Institution Impériale des Sourds-Muets de Paris» (aujourd’hui INJS) a pris l’initiative de proposer à l’empereur Dom Pedro II la création à Rio de Janeiro d’un institut spécialisé pour enfants sourds. Sur l’invitation de l’empereur, il s’est donc rendu au Brésil en 1857 pour créer cette institution qui deviendra l’Instituto Nacional de Educação de Surdos (INES).

Congrès de Milan
Du 6 au 11 septembre 1880 se tient à Milan un congrès international pour l'amélioration du sort des sourds-muets. Le congrès de Milan est composé de spécialistes de l’enseignement pour les sourds, essentiellement Italiens et Français, les autres représentants internationaux étant minoritaires.
Sur plus de 250 participants, seuls quatre sourds sont présents, dont deux sourds français.

Le congrès est organisé à l'initiative de défenseurs de la méthode orale. Ils ont comme projet de faire adopter une méthode unique dans leur pays. Même si quelques voix se font entendre pour défendre le maintien de la langue des signes, la grande majorité des congressistes conclut à la nécessité de promouvoir la méthode orale, proscrivant la langue des signes. En France, cette méthode est appliquée dès la rentrée d'octobre 1880 car le ministère de l'Intérieur (qui gère les écoles pour sourds) a déjà en projet de généraliser la méthode orale à tout le territoire dès 1879. En définitive, les conclusions du congrès coïncident donc avec une volonté politique.

Les conséquences pour les sourds sont importantes : les professeurs sourds ne sont plus requis, puisqu'ils sont considérés comme n'étant pas aptes à enseigner la parole, ils sont donc mis à la retraite ou licenciés. Pour les élèves sourds, l'absence de cours de langue des signes et de cours en langue des signes les prive de l'accès à une langue d'apprentissage construite et limite leur pratique. Cependant, dès 1900 certains professeurs entendants constatent qu'ils ne peuvent proscrire totalement la langue des signes et tolèrent que les élèves l'utilisent entre eux, ce qui explique sa survivance dans les grands instituts, mais son usage reste toute de même limité. La langue des signes trouve finalement à s'épanouir sur d'autres terrains, comme les terrains de sport.

Reconnaissance de la langue des signes
La loi du 11 février 2005 met fin officiellement à l'obligation de la méthode orale pour l'éducation des sourds en France (l'amendement de 1991 avait déjà autorisé les parents à choisir entre une éducation bilingue ou orale uniquement). Désormais, la langue des signes est considérée au même titre que la langue française et les sourds ont le droit de bénéficier d'une éducation en langue des signes dans n'importe quelle école en France.

A la télévision
L'oeil et la main

A la librairie
Les sourds : Une minorité invisible de Fabrice Bertin


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